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Eléphants: Guus Hiddink est-il l'homme de la situation?

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Le penseur
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Sékou Bamba, l’envol définitif d’un ange

Décédé le 17 avril dernier, Sékou Bamba, star incontestée du football ivoirien des années 90, aura marqué son époque. La Côte d’Ivoire du football n’oubliera jamais ce footballeur de talent et de génie. Sport-ivoire.ci rend un dernier hommage à  cet artiste de la religion ronde.

 
Toutes catégories confondues, il ne semble pas que la disparition d’un sportif en Côte d’Ivoire ait jamais entraîné l’émotion s’étant saisie du pays pour saluer Sékou Bamba, son Moukila adoré. Le playboy du football ivoirien était plus qu’un homme. Il était un sport. En fait, il était le football. Sékou Bamba qui a voyagé de club en club au gré de son talent et de ses envies, laisse une trace ineffaçable dans l’esprit de tous les amoureux du ballon rond en Côte d’Ivoire. Tout ce qui a été dit de la forte personnalité du cher disparu sonne juste. Il s’agissait d’un malade de football et de travail. Pourtant, son inégalable talent pouvait l’emmener à  se dérober quand l’heure du travail sonnait. Tous ceux qui ont côtoyé ou évolué avec cet attaquant moderne avant-gardiste, sont unanimes : Sékou Bamba était un vrai bourreau de travail. La sueur lui donnait l’inspiration. Inspiration qu’il transmettait ensuite aux spectateurs, une fois sur l’aire de jeu.

Arabesques, buts, élégance, rien n’avait de secret pour Moukila Le Magnifique. Découvert au Denguélé d’Odienné, l’enfant du Kabadougou était un artiste parmi les artistes. Il était l’archétype de la star.  Ses frasques, son franc parler en faisait un joueur bien particulier. Malgré ses dispositions hors normes, l’immense joueur qu’était Sékou Bamba, n’a jamais eu une carrière à  la hauteur de son don footballistique. Aucun nom de grands clubs européens n’apparaissent sur les lignes de son palmarès. On ne comprendra pas non plus l’incompréhensible désamour qui a existé entre le regretté et la sélection nationale dont il a raté tous les  rendez- vous majeurs. Au sommet de son art dans les années 90, Sékou n’était pas ainsi des glorieux Eléphants de la CAN 92. Un épisode aussi douloureux dans l’existence de la vedette disparue que la maladie qui a eu finalement raison de son abnégation. 

Mais, Sékou a toujours assumé les actes qu’il a posé. Comme ses multiples allers-retours entre les deux ennemis ASEC- Africa.  Qui d’autre pouvait se permettre pareil crime, en voguant entre ces deux rivaux héréditaires sans encourir la colère des dieux ? Personne sauf Moukila, bien sûr. Le Moukila chéri par tout un peuple. Le Sékou Bamba de Karamoko qui a fait aimer le football à  vieux, enfants et femmes. A l’annonce de sa mort, Kouassi Yao Gervinho, la star de Le Mans, ne disait pas autre chose : «C’est Sékou Bamba qui m’a donné envie de jouer au football ». Comme à  tant d’autres.

Sur un terrain de football, Sékou Bamba de Karamoko était un ange. Depuis lundi dernier, il joue désormais avec les anges du Bon Dieu. Dans le paradis des footballeurs de génie.

 

JOACHIM TIEGNA

LAURENT POKOU “L’homme d’Asmara“

Il était une fois…

Né le 10 Août 1947 à Treichville, quartier populaire de la capitale économique, Laurent N’dri Pokou a fait ses débuts dans l’élite du football Ivoirien à Bouaké, la capitale de la Vallée du Bandama. Tout commence en 1962 lorsque son père, affecté dans cette grande métropole du Centre de la Côte d’Ivoire rejoint sa nouvelle affectation. Le jeune Laurent Pokou alors âgé de 15 ans poursuit ses études sans grande conviction. En revanche, il s’adonne à la pratique du football. Talentueux, il frappe dans l’œil des dirigeants de l’Union Sportif des Fonctionnaires de la Régie Abidjan-Niger (USFRAN). Ces derniers sollicitent ses services. En une saison, il devient la nouvelle coqueluche du public bouakéen et s’impose par la même occasion comme le meilleur attaquant de l’USFRAN et de la ville de Bouaké. A l’occasion d’une rencontre de demi-finale de coupe nationale face au Stade d’Abidjan, Laurent Pokou laisse une bonne impression au public de la capitale. Après la période de transition de Bouaké, cet athlète à l’avenir prometteur rejoint Abidjan et signe à l’Asec. C’est le début d’une longue idylle. Ses prouesses au sein de la formation la plus populaire de Côte d’Ivoire lui traceront un destin hors du commun avec les Eléphants. L’étoile de Laurent Pokou va briller en sélection nationale à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations de Football en Ethiopie en 1968. Devant l’empereur Haïle Selassié en personne et son public, l’Ethiopie prend une douche froide face à la Côte d’Ivoire conduite par un Laurent Pokou explosif. Il termine à la tête des meilleurs fusils de cette compétition avec 6 réalisations. Deux années plus tard, la CAN se déroule au Soudan. A ce prestigieux rendez-vous du football continental, l’attaquant vedette des Eléphants inscrit 8 buts dont 5, en un seul match contre l’Ethiopie. Ce qui lui a valu le surnom de “l’homme d’Asmara“. Avec ses 14 buts marqués au cours des deux éditions de la CAN, en Ethiopie et au Soudan, il demeure jusqu’à ce jour le meilleur buteur de cette compétition. Passé le stade de l’amateurisme, Laurent Pokou va connaître une carrière professionnelle bien remplie en France. De 1974 à 1976, il évolue sous les couleurs du stade Rennais. De1976 à 1978, défend les couleurs de l’AS Nancy Lorraine. Il signe son retour en 1978 dans son ancien club, le stade Rennais où il termine sa carrière professionnelle après un épisode malheureux qui lui a coûté une suspension. Désabusé par cette fin de carrière prématurée, Laurent Pokou regagne son pays natal, la Côte d’Ivoire et se remet au service de l’Asec Mimosas où il met définitivement  fin à sa carrière de footballeur en 1980.  

 

POKOU DIGEST

Date de naissance : 10 Août 1947

Lieu : Abidjan-Treichville

Nationalité : Ivoirienne

Poids : 80kg

Taille : 1,78

Clubs : USFRAN de Bouaké, Asec, Rennes, Nancy.

Situation matrimoniale : marié père de 5 enfants

 

Thomas Nkono un gardien de but d’exception

Juin 1982, la Coupe du monde de football se joue en Espagne. Le Cameroun y participe et termine la compétition sans concéder la moindre défaite. Seul, Graziani réussi à battre Thoamas Nkono,  après les trois matchs du premier tour.

Ce 23 juin là, le gardien camerounais qui est aussi le capitaine de son équipe, s’incline de justesse et à la suite d’une glissade. Il est déjà considéré comme l’un des meilleurs gardiens du tournoi, et si le Cameroun termine invaincu, c’est en grande partie à son gardien qu’il le doit. Ses réflexes étonnent, son sang-froid surprend, sa décontraction agace.

Le 15 juin, contre le Pérou, au stade Riazor de la Corogne, "Tommie" démontre l’étendue de sa classe. Il arrête un tir de l’attaquant péruvien Barbadillo avec une main, se passe le ballon dans le dos et le reprend avec l’autre main. La légende est en marche. Nkono reçoit le titre de meilleur joueur africain de l’année 1982.

Deux mois plus tard, le 8 août, au Giant’s Stadium de New York, le Brésilien Tele Santana, entraîneur de la mythique équipe de Zico et autres Socrates aligne le Camerounais dans les buts de la sélection mondiale qui affronte l’Europe, dans un match organisé par la FIFA, au profit de l’UNICEF. Suprême récompense et totale reconnaissance pour un footballeur dont le parcours était déjà impressionnant en Afrique, mais presque totalement inconnu en dehors, malgré un premier titre de meilleur joueur africain de l’année en 1979.

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