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Football- racisme: Le calvaire des Africains

9 January 2019 0

Bananes lancées sur un joueur Congolais en Suisse, Kalidou Coulibaly et Raheem Sterling insultés pour leur couleur de peau en Angleterre et en Italie , Depuis une dizaine d'années, les actes racistes dans les stades européens ne faiblissent pas. Ils semblent même se multiplier comme les casinos en ligne qui font de plus en plus d’heureux .

L’UEFA qui a pour priorité majeure l’élimination du racisme, de la discrimination et de l'intolérance dans le football avait pourtant montré le bon exemple avec l’instauration d’actions préventives contre ce fléau. Mais les banderoles, les tifos bardés du message “Non au Racisme“ n’a pas traversé tant de cœurs pour changer des comportements de supporteurs à l’habitude rigide au respect quasi inexistant envers plusieurs footballeurs de couleurs. 

Les dérapages continuent en cette mi- saison… En Italie, le défenseur international Sénégalais Kalidou Koulibaly a été visé le  mercredi 26 décembre 2018 par des insultes et cris racistes des supporteurs de l’inter de Milan.  Les faits se sont produits lors du déplacement du Napoli sur le terrain de l’Inter, le mercredi 26 décembre dernier. Une rencontre tendue et à enjeu. Kalidou a d’abord subi les insultes d’une partie du public local, avant même d’avoir à stopper les assauts d’Icardi ou de Perišić. Après 80 minutes, il a fini par perdre son sang-froid pour écoper deux cartons jaunes en quelques secondes. Dans le tweet qu’il a publié ensuite en italien, le professionnel et l’homme ont pris tour à tour la parole, d’une jolie formule cassant le cou aux acharnés des identités exclusives.  « Déçu de la défaite et surtout d’avoir abandonné mes frères. Mais je suis fier de la couleur de ma peau. D’être français, sénégalais, napolitain. D’être un homme ». Il  avait reçu un accueil aussi nauséabond à Rome, lors d’un match contre la Lazio. Sauf qu’alors, dans la répartition des rôles entre méchants et gentils supporters, l’attitude d’une frange des fans biancocelesti correspondait parfaitement avec leur vilaine réputation, qu'ils se traînent, parfois à juste titre, depuis les années 1990.

En Suisse, même spectacle moyenâgeux. Des supporteurs ont jeté des bananes et lancé des insultes racistes contre Aldo Kalulu. Une expérience amère dont l’attaquant du FC Bâle passé par l’Olympique Lyonnais, fut victime. Lors de la 17e journée de la Raiffeisen Super League le dimanche 9 décembre dernier, le footballeur français d’origine congolaise a été pris à partie par des supporters du FC Zurich. Kalulu a reçu des jets de bananes au moment d'aller tirer un corner. Contenant certainement sa rage, le Bâlois n'a pas réagi après cet incident. Son club si. « Le FC Bâle 1893 rejette résolument toute forme de racisme et condamne fermement de telles actions, peut-on lire dans un communiqué. Il en va de même concernant l'incident du match contre le FC Zürich. La FCB veut représenter et défendre des valeurs humaines dans la compétition sportive - un principe ancré dans la charte du club ». Courageux mais insuffisant. Même si la Ligue suisse de football a par la suite ouvert une enquête contre l'auteur de ces gestes. Un seul supporter de Zürich. Un raccourci.

Cet épisode est intervenu quelques jours après que Raheem Sterling ait lui aussi été victime du racisme des stades. La star anglaise d'origine jamaïcaine de Manchester City a en effet  subi des insultes racistes venant d’un supporter de Chelsea. Etonnant pour ce club auquel un noir, Didier Drogba, a offert sa première Uefa Ligue des Champions.  Courroucé, l'international anglais, s’il a déploré l'attitude des supporters de Chelsea, a également pointé du doigt le rôle mesquin joué par certains journaux britannique comme le Daily Mail, leur reprochant « d'alimenter le racisme et d'encourager les dérives racistes en soulignant le style de vie clinquant des joueurs noirs comparé à celui faussement plus pépère de leurs collègues blancs». Le club londonien a depuis banni quatre personnes en attendant les résultats de l'enquête menée par la police de Londres.

Malgré le fait que les joueurs d’origine africaine constituent 40% des effectifs de la Premier League, les attaquent ou insultes envers eux n’ont pas baissé en régime. Tout le contraire.  La dernière en date concerne les chants ouvertement racistes de supporteurs d'Everton à l'encontre de leur propre défenseur, le Colombien Yerry Mina. Par ailleurs, un supporteur de Tottenham a été banni pendant quatre ans pour avoir lancé une peau de banane au milieu de terrain d'Arsenal Pierre-Emerick Aubameyang.

Malgré les différentes actions étouffées des instances du football mondial, le racisme ”anti-noir“ gagne du terrain sans que les bourreaux ne soient réellement inquiétés. Question représailles, Samuel Eto’o, attaquant camerounais ayant lui-même subi cette agression lors de son passage au FC Barcelone, a trouvé une formule.

« Si les joueurs de couleur disent : « On ne joue pas », beaucoup de gens vont perdre de l’argent. Et quand tu touches à la poche de quelqu’un, il va trouver des solutions », a conseillé l’ex-buteur des Lions indomptables du Cameroun dans le documentaire « Je ne suis pas un singe » diffusé, dimanche 07 janvier dernier, sur les antennes de Canal+.

Le message serait encore plus fort si toute la planète noire, quelque soit le secteur d’activité s’élevait pour dénoncer et crier un râle-bol avec des actions d’envergure. De la solidarité face à l’adversité, une arme non-violente mais une solution si assourdissante qui devrait ne faire voir que l’athlète et non pas sa couleur de peau.

Stéphane DATHE

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