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Où sont passés les héritiers de Gabriel Tiacoh ?

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Où sont passés les héritiers de Gabriel Tiacoh ?

7 July 2020 0

Défini comme l'art de dépasser la performance des adversaires en vitesse, en endurance, en distance ou en hauteur, l'athlétisme tire son prestige et sa gloire dans la richesse des épreuves sportives codifiées qui le composent. Des épreuves regroupées en cinq grandes composantes à savoir les courses, les sauts, les lancers, les épreuves combinées et la marche. Première discipline olympique, l'athlétisme est pratiqué universellement depuis les civilisations antiques. Avec plusieurs millions de licenciés dans le monde aujourd'hui, cette discipline est prisée pour ses folles batailles. Si le sprint court (60m en salle, 100m plat, 200m, le relais 4x100m, le 110m haies hommes et le 100m haies Dames) polarise toutes les attentions lors des joutes internationales, plusieurs autres épreuves ne manquent guère d'intérêt. Au nombre de celles-ci, le 400m (sprint long) figure en bonne place.

Le 400m qui tire son origine du double stade ou encore du diaulique (384 m), est une épreuve pratiquée depuis l'antiquité. Cette épreuve a été modernisée par le Royaume-Uni sous la forme du quart de mile (402 m ou 440 yards). Elle appartient au sprint long ou sprint d'endurance (400m plat, le 400m haies et le relais 4X400). Le 400m requiert une kyrielle d'aptitudes dont la puissance physique, une capacité de résistance à la fatigue et à la douleur sans oublier une gestion optimale de la fréquence de course. À cheval entre le sprinteur pur (court) et le demi-fondeur, le spécialiste du 400m doit associer la vitesse du sprinteur à l'endurance du half-miler (880 yards soit 804,67 m). Cette épreuve a vu défiler de nombreux monstres à l'image de Michael Johnson (43s 18) double champion olympique du 400m, Tommie Smith, Carl Lewis (9 médailles d'or olympiques), Amadou Dia, Isaac Makwala, Amantle Monsho, Wayde Van Niekerk (recordman mondial et olympique 2016,43'03), Michaël Norman (champion du monde 2018,44'52) en hommes et chez les dames Marita Koch (47s 60) Steven Gardiner (2019), Salwa Eid Naser (2019), Pavel Maslák (2018) et Courtney Okolo (2018).

Gabriel Tiacoh, la crème mondiale

En Côte d'ivoire, les premiers spécialistes du 400m ont pointé le bout de leur nez à partir des années 70. Même s'ils n'ont pas pu atteindre le niveau de "la crème mondiale" (Gabriel Tiacoh), ils furent les précurseurs de cette épreuve sous les tropiques ivoiriennes. Il s'agit de Kablan Degnan qui a couru en 46s, Agbegnan Ogboune (46s) et Ouré Patrice (46s) qui étaient de l'armée. Au niveau universitaire, l'on eut Mathias Dezailly (47s), feu Tchetenan Kouadio (46s, militaire) pour ce qui est des hommes. Chez les dames, on citera Célestine Ndrin, recordwoman ivoirienne (52'04) depuis 1988 et présente à trois éditions de Jeux olympiques (1976, 1984 et 1988) sans oublier Louise Ahétoché.

En 1982, Gabriel Tiacoh alors étudiant en France s'élance dans le 400m. Il remporte le championnat universitaire français et s'exile à l'université de Washington DC pour travailler avec l'ancien patron du 400. C'est à partir des États Unis que le fils du médecin gynécologue Kouadio Tiacoh Rémi Blaley s'est révélé au monde entier. L'athlète issu d'une famille de notable (Toumodi) réalise un exploit inédit aux jeux olympiques de Los Angeles (1984) en décrochant la médaille d'argent, la première de la Côte d'Ivoire et la seule en athlétisme dans cette prestigieuse compétition. Cela, à seulement 21 ans. À ce métal olympique s'ajoutent plusieurs breloques mondiales dont Barcelone (bronze, 1989 mondial IAAF), les jeux de la Francophonie (1989, Rabat) et des sacres continentaux (1984 et 1989) respectivement à Rabat et Lagos. Décédé le 4 avril 1992 à 29 ans, Gabriel Tiacoh a marqué l'histoire du 400m mondial et africain. Que dire alors de la Côte d'Ivoire dont il demeure une légende.

Toutefois, force est de constater que la Côte d'Ivoire ne regorge plus de spécialistes du 400m dans les standards de Gabriel Tiacoh. Car si les grosses performances de l'extraterrestre du 400 ont mis la Côte d'Ivoire sur orbite dans le monde, sa décadence fut vertigineuse. Tant, ses héritiers peinent à marcher dans les pas de leur mentor. Le passage de flambeau n'est visiblement pas réussi. Et la phase transitoire dure à présent une éternité. Pis, l'athlétisme ivoirien ne vit qu'au crochet du sprint court avec les stars comme Murielle Ahouré, Marie-Josée Ta Lou et Arthur Cissé Gué. Pourquoi les spécialistes du 400m ont -ils disparu de l'athlétisme ivoirien ? Comment l'après-Gabriel a-t-il été géré pour en arriver à la case départ 28 ans après sa mort ? En quoi le système de la formation a-t-il failli ? Voici autant d'interrogations qui bouillonnent dans bien des esprits. Des équations que nous tenterons de résoudre avec parcimonie. Tout en nous efforçant de mettre à nu le florilège de raisons profondes à l'origine de l'inexistence d'une relève digne de Gabriel Tiacoh.

Le choix des coachs

La première raison à l'origine de cette situation est sans aucun conteste le choix des formateurs. Tant cette idée revient sur toutes les lèvres. En effet, les coachs ont fait le choix d'orienter les jeunes athlètes vers des épreuves qui sont leurs préférences. Cela au détriment du profil et du choix de ceux-ci. C'est d'ailleurs ce que stigmatise Anthony Koffi. « Les différentes équipes techniques des fédérations qui se sont succédé n'ont pas mis en place une véritable politique de détection pour élargir la base du sprint. Se contentant que du sprint court parce qu'il y avait déjà de bons résultats dans la catégorie », a indiqué le Maître-Entraîneur et formateur des formateurs avant d'expliquer. « Les premiers entraîneurs ivoiriens de souche qu'étaient Gaoussou Koné, Feu Ben Méité étant sprinteurs courts alors athlètes se sont reconvertis en entraîneurs de sprint court. Ils n'ont pas fait l'effort d'aller chercher ailleurs. Ils n'ont pas fait la promotion de cette spécialité. Sinon ce ne sont pas les talents qui manquent en Côte d'Ivoire ». Une opinion partagée par Idrissa Diakité, journaliste malien spécialiste d'athlétisme et sur les championnats du monde depuis 1997. « Sincèrement quand je jette un regard sur les monstres du 400 m qui se raréfient, je crois que c 'est une tactique des coachs qui ne voient pas les athlètes selon leurs potentialités. Mais plutôt, selon ce que, eux coachs, veulent d'eux. Sinon les 400 métreurs sont au niveau des anglo-saxons », assure-t-il. Palé Hili Tionité, Entraineure IAAF Niveau 1 option course d'endurance fraîchement diplômée de l'Université de Mayence ne dit pas autre chose. « Génétiquement les athlètes ivoiriens sont prédisposés pour le sprint court et long donc pour le 400 m. Le problème se situe au niveau des entraîneurs qui manquent d'expertise pour la détection des athlètes du 400 m ou qui ne voient pas d'intérêt à former un athlète du 400m », a-t-elle dénoncé. Jeannot Kouamé, l'entraîneur IAAF niveau 5 et Directeur de développement et de la formation à l'IAAF semble plus caustique. « La raison principale est que nous-mêmes nous nous emprisonnés avec le 100 et 200m », charge l'actuel président de la fédération ivoirienne d'athlétisme. Un réquisitoire porté contre les formateurs qui prend de grosses rondeurs avec la déclaration de cette internationale ivoirienne sous le couvert de l'anonymat. « Moi, c'est mon coach qui m'a mise au 100m et 200m. Quand je suis arrivée, il n'a même pas demandé mon avis. Directement, il m'a mis au 100m et au 200m. Mais je me suis très vite sentie à l'aise dans ces deux disciplines », nous révèle la championne. Toutefois, le choix des coachs a parfois été tributaire des présidents de fédérations qui ne se sont pas investis dans la détection et formation des 400 métreurs. C'est bien ce que bat en brèche Alphonse Camara, journaliste spécialiste d'athlétisme avec plusieurs compétitions notamment des championnats d'Afrique, du monde et des Jeux olympiques dans sa besace. « Après le départ du président Maurice Seri Gnoleba en 2000 qui a dirigé la Fédération depuis les années 1960, on n'a plus vu des spécialistes du 400m. Cela parce que ses successeurs n'ont pas formé des athlètes dans ce sens. Les équipes fédérales qui se sont succédées (Kouabo Tehe, Hervé Porquet) n'ont pas amené les formateurs à travailler dans ce sens. Tant et si bien que quand les derniers athlètes qui faisaient le 400m sont sortis de la haute compétition, il n'y a pas eu de relève. Sous le président Nicolas Debrimou, il y a eu un début de formation des athlètes dans cette épreuve mais les sprinters sur 100 et 200m étaient les plus en vue. C'est un travail de longue haleine sur plusieurs années. Et je crois que, le président Jeannot Kouamé est sur la bonne voie », fait-il savoir.

"Un champion n'est pas un chiffon"

Arraché très tôt (29 ans) à l'affection de sa famille et du monde de l'athlétisme mondial, Gabriel Tiacoh devait servir de catalyseur et de rampe de lancement d'une nouvelle génération de champions du 400m. Malheureusement le seul médaillé olympique en athlétisme semble être parti dans sa tombe avec le secret de sa gloire. En dépit des meetings annuels pour honorer sa mémoire, Tiacoh devait représenter bien plus pour la jeune génération. Une posture que soutient Idrissa Diakité, "La mémoire vivante" de l'athlétisme. « Le sport c'est en trois temps. Avant l'élite, l'élite et après. La gestion du sportif dans nos états est dégueulasse. On a besoin du sportif que lorsqu'il est au top niveau. Il est vite oublié lorsqu'il est en perte de vitesse. C'est le fait de plusieurs entités dans nos pays qui poussent nos sportifs trop vite dans la poubelle. Un champion n'est pas un chiffon. Il est comme un officier, un porteur de drapeau. Partout on le voit, on doit se mettre au garde à vous. Il y a tout le temps des catalyseurs qui doivent être pris comme des exemples, des locomotives », soutient-il avant de poursuivre. « Un peu comme au Maroc avec El Guirouch et Nawal El Goutawakin. Et quand ces générations passent, il faut continuer à utiliser leurs images, leur palmarès pour créer d'autres champions. C'est à cela que l'effet Tiacoh devrait servir en Côte d'Ivoire. Lui qui malheureusement est parti trop tôt. Il pouvait encore rester dans l'imaginaire de l'athlète africain. Quand on regarde le fighting spirit des nigérians, la manière de travailler des ghanéens, tout ça n'est qu'un héritage. Même, nos athlètes, ceux qui sortent du pays n'ont pas les mêmes approches que ceux restés au pays. C'est en cela que les grands champions comme Gabriel Tiacoh peuvent être des repères, des motivations et des sources de gloire pour nos nouvelles générations »

L'effet de mode

L'identification aux nouvelles étoiles de l'athlétisme avec tout ce qui va avec semble œuvrer à la disparition des spécialistes du 400m. La jeune génération est friande des gloires des sprinteurs courts. L'immense exploit du Jamaïcain Usain Bolt, l'athlète le plus titré en championnats du monde (11 victoires) et 2e recordman de victoires aux Jeux Olympiques (8 médailles d'or) derrière Frédérick Carlton Lewis dit Carl Lewis (9 métaux en or) a achevé de conforter la décision des jeunes talents pour le sprint. En Côte d'Ivoire, les jeunes générations sont bercées par les merveilles de Murielle Ahouré, Dominique Marie-Josée Ta Lou Gonézié et le jeune loup Arthur Cissé Gué. Le choix pour réussir comme eux est vite fait. C'est bien ce sombre tableau que dépeint, Anthony Koffi, le coach des sprinteurs ivoiriens Ta Lou et Cissé Gué. « La raison Culturelle peut être évoquée. Comme la force de la Côte d'Ivoire c'est le sprint court, avec nos équipes de relais sans oublier les grosses stars comme Murielle Ahouré, Méité Ben Youssef, Marie-Josée Ta Lou, Wilfried Koffi Hua, Arthur Cissé Gué au 100 et 200m, ça crée l'effet mode. Tout le monde veut désormais s'identifier à eux. Mais, il n'y a pas eu de test pour savoir qui a des prédispositions pour le 200 ou le 400m », regrette-t-il. Un effet de mode toisé également par Idrissa Diakité. « Aujourd'hui, ceux qui font le show lors des grandes joutes mondiales sont les sprinteurs courts à savoir les Jamaïcains, américains et autres qui sont vitrines. C'est à ces stars mondiales là que tous les nouveaux talents veulent s'identifier. Leurs records, leurs démarches, leur vie... Tout ça enivre les jeunes. Et le raccourci est vite trouvé », souligne le spécialiste malien aux multiples jeux olympiques.

Le 400 m rebute

L'une des multiples raisons de la rareté des champions du 400m en Côte d'Ivoire, c'est bien la difficulté dans la pratique de cette épreuve. Une générosité dans l'effort qui démotive les jeunes athlètes qui souhaitent s'y aventurer. Comme, nous le raconte Désiré Gnanzou Kodjo, le champion de Côte d'ivoire (400m juniors). « Les entraînements sont difficiles. Pendant une course de 400, il y a plusieurs facteurs qui peuvent intervenir. Surtout le lancer d'arctique qui est très douloureux dont on est victime dans les 100 derniers mètres et parfois dans les 200m. Telles se déclinent les pesanteurs qui rebutent les athlètes et les envoient vers d'autres épreuves moins risquées et peu onéreuses en efforts comme le sprint court ». Palé Hili Tionité abonde dans le même ordre d'idée. « Le 400m est une discipline qui nécessite une bonne condition physique, une bonne technique ,de la volonté et surtout une bonne motivation. Vu la difficulté dans cette épreuve et la lente progression, les athlètes préfèrent choisir d'autres épreuves », nous explique-t-elle. Jeannot Kouamé, partage entièrement ces différentes positions. « Ceux qui ne voulaient pas fournir d'efforts se rabattaient facilement sur le 100 et le 200m. Les athlètes qui faisaient le 400m étaient obligés de faire le 100 ou le 200m. De peur de ne pas voyager ou d'abandonner carrément. Sinon nous avons eu des athlètes comme Cissé Yacouba qui a bénéficié d'une bourse pour la France en 1992,1995 », relate le premier responsable de l'athlétisme ivoirien. À côté de ce mobile, un ultime justifie le désert que connaît le 400 m ivoirien.

 La lente progression

Si la difficile pratique du 400m sape la volonté des jeunes talents dans la pratique, la progression à pas d'escargots, conséquence négative des chronomètres difficiles à réaliser est une explication du profond coma dans lequel baigne cette épreuve en Côte d'Ivoire. « Au 400m, il faut investir beaucoup de temps avant de faire un bon chronomètre. On peut faire une bonne performance, un moment. Puis, tout se bloque. L'on descend même en dessous de ce temps. Et remonter après. On ne peut pas briller à toutes les compétitions et chaque saison. Il arrivera des moments où l'on connait des contre-performances vu que c 'est une course très longue », déclare le champion de Côte d'Ivoire 2018-2019 et 2019-2020 en junior. Une irrégularité dans les chronomètres qui éloigne les athlètes ivoiriens des centres de haut niveau capables de leur faire passer un cap dans leur carrière. « Les performances des ivoiriens étant au-delà des 47 secondes, ils ne pouvaient pas remplir les critères pour entrer au centre de Dakar en vue de se perfectionner en sprint long. Les performances réalisées ici sont celles que réalisent des filles. Alors, on se dit que ces athlètes ne peuvent pas faire du 400m. L'insuffisance des performances ajoutée au manque d'engouement pour le 400.Plus la base de la pyramide est large, plus vous avez un sommet consistant », souligne Anthony Koffi, l'ex-directeur du Centre IAAF de Dakar avec 15 années de présence.

Cependant, si la situation du 400m semble critique à la lueur de cette démonstration, l'espoir demeure pour un futur radieux entretenu par les premiers bourgeons déjà perceptibles. « Je suis rentré au pays depuis 2018, dans les compétitions organisées par la fédération et les ligues, je vois que de plus en plus, on a des coureurs sur le 400. Mais ils sont encore jeunes. S’il y a un bon encadrement, au niveau des garçons je vois Jean Marc Allokoua, Ezéchiel Kouadio et Désiré Gnanzou qui pourraient avoir le niveau africain dans deux ou trois ans. Chez les dames, il faut encore aller chercher des talents. Mais il faut savoir qu'au sprint long, on progresse plus vite qu'au sprint court », nous apprend Anthony Koffi, l'Expert IAAF et de la Confejes. En plus de ce nouvel engouement autour du 400m, le libre arbitre laissé par les coachs aux jeunes athlètes dans le choix de leurs épreuves se pose comme une nécessité absolue. « Un sprinteur court peut devenir un spécialiste du 400 et 800m. C'est une question de musculation, de vitesse et punch. Carl Lewis a fait du relais 4x400 et il était en complément dans l'équipe des États Unis. Michaël Johnson également. Cette métamorphose, c'est aux coachs d'y travailler et surtout orienter les athlètes selon leurs potentialités physiques et mentales. Parce que, c'est à ce niveau que les anglo-saxons nous battent », rappelle Idrissa Diakité. Un avis partagé par Anthony Koffi. « On voit des enfants qui font le 100 m en 11 secondes, pourquoi ne pas faire des tests en les faisant courir sur 300 m pour voir leurs capacités d'endurance spécifiques. Au lieu de courir le 200 en 22s, on peut les essayer au 400. Peut-être que là-bas, ils pourraient réussir s'ils ont d'autres qualités. Parce que le 400 demande beaucoup d'efforts et beaucoup d'entraînement », a-t-il proposé. La détection est l'une des grandes pistes également évoquées en vue de sortir le 400m ivoirien de sa léthargie. « On peut avoir de nouveaux Tiacoh si le travail se fait à la base avec les minimes et cadets. La bonne détection doublée des compétitions permet aux jeunes talents de se perfectionner et de s'aguerrir au fil des années. Si un excellent travail est fait sur la base du feeling de l'athlète dès le bas âge, cela permettra de pouvoir composer toutes les catégories en Afrique de l'ouest ici. Mais je crois qu'avec la démultiplication des centres comme celui de Dakar et la formation des formateurs, les choses vont bien changer », espère Idrissa Diakité.

L'engagement de l'état par une bonne politique de soutien ainsi que l'obtention des bourses pour intégrer des centres de haut niveau sont les quelques autres suggestions en vue de sortir le 400 m des sentiers tortueux. Et offrir à la Côte d'Ivoire de dignes héritiers de Gabriel Tiacoh qui brilleront autant que la légende. En tout cas, le vivier existe. Il faut donc se remettre au travail ! Et cela, à tous les niveaux !

Lebéni KOFFI

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