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Les tripointeurs, une denrée rare de nos jours

Basketball

Les tripointeurs, une denrée rare de nos jours

24 April 2020 0

Inventé à Springfield en 1891 par James Naismith, le professeur d'éducation physique et Canadien d'origine, le basketball (Ballon-panier) a conquis le monde aujourd'hui et fait partie de la culture américaine. D’ailleurs, il est le troisième sport le plus pratiqué et populaire aux Etats Unis après le football américain et le baseball. La montée en puissance de cette discipline a fait d'elle, la deuxième au niveau planétaire avec plus d'un milliard d'adeptes en janvier 2019 (Basket Europe) derrière le football. Un rang qui se justifie par la singularité, la qualité et la beauté dans sa pratique.

Un savant mélange de gestes spectaculaires, d'adresse, de fun sans oublier ce soupçon de glamour et de folie, qui vont avec le basketball n’a point manqué d'arguments, pour séduire et emballer au fil des années. Au nombre des traits qui font sa beauté légendaire figurent les tirs à points, dans lesquels une kyrielle de basketteurs sont passés pour être des virtuoses. Capables de changer le cours d'une rencontre par leur adresse insolente, ils ont également l'art de dompter les foules et les emporter au rythme de leurs prouesses. Et des légendes de cet exercice d’adresse, la planète basket en a connues et connait encore aujourd'hui.

Des références locales et mondiales

De Ray Allen, Reggie Miller, Steve Kerr, John starks en passant par Glenn Rice, Dac Larry bird, Magic Johnson jusqu'aux jeunes d'aujourd'hui comme Stephen Curry, Klay Thompson ou encore Kris Middleton, ils restent tous des monstres mondiaux. Le basketball ivoirien a également formaté quelques perles au tir au-delà du cercle. Il s'agit de Clément Djadji, Dié Drissa, Fofana Lansina, Abou Bakayoko, Blaise Brou, Francis Moro, Guy Serge Toualy, Adolphe Coulibaly, Abbas Diop et Balo Mamadou qui ont marqué l'histoire du basket ivoire depuis les années 70 jusqu'à l'an 2000. Des patronymes au passé indélébile qui devraient être des boussoles pour la jeune génération. Hélas ! Les véritables shooteurs à trois points manquent au basketball ivoirien. Même si, certains jeunes comme Anselme Otto, Marius Yao, Abraham Sié, Sékou Karamoko essaient d'emprunter ce chemin. Mais, le fossé demeure grand. Une situation dont les mobiles sont nombreux.

Le travail et rien d'autre

La première raison qui semble la plus évidente est bien le travail. En effet, tous s'accordent à dire que les jeunes ne sont plus généreux dans l'effort. Or avoir la main chaude, c'est le résultat d'un entraînement assidu depuis les catégories inférieures. « Les références ne sont pas des tripointeurs nés. Ils ont travaillé pour l'être. On n'a plus cela en Côte d'Ivoire parce qu'on ne travaille pas dans ce secteur. On commence depuis les petites catégories. C'est juste le travail, le travail et rien que le travail », soutient Stéphane Konaté, l'international ivoirien qui essaie de maintenir la cadence au sein d’une nouvelle génération qu’il domine du haut de ses 40 ans. Sa position, elle est partagée par Malick Daho, l'ex-tricolore ivoirien. « Il y a moins de shooters aujourd’hui parce qu’il leur manque ce temps de travail individuel. Donc il faut, qu’en dehors des entraînements, les joueurs aillent travailler leur adresse. Nous, on faisait des séances de 300-500 shoots les matins sans avoir besoin de nos entraîneurs. Donc il n’y a pas de secret. Plus on shoote, plus on est adroit ! », a indiqué le journaliste et consultant de Canal+. Alpha Mané, l'ancien pensionnaire de l'ASEC Mimosas ne dit pas autre chose. « Je dirais que les jeunes ne travaillent pas assez aujourd'hui. Rares sont ceux qui font des entraînements individuels. Ça veut dire qu'ils n'ont pas d'ambition personnelle. Le coach ne va pas aller te réveiller chez toi le matin pour que tu ailles bosser. Ce n'est pas non plus au cours du match que tu vas venir essayer tes tirs et il y a la sélection des tirs aussi », a-t-il chargé. Quant Ismaël Ndiaye, l'ex-capitaine des Eléphants de Côte d’Ivoire, il a insisté sur le besoin de surpasser déjà à l’entraînement pour exceller dans cet exercice en compétition. « On doit s'entrainer 2 à 3 fois par semaine ne suffit pas pour devenir un très bon shooteur. Quand on regarde les meilleurs tripointeurs au monde, ce sont des heures et des heures d'entrainement », a-t-il rappelé.

Quand les coachs sont mis au banc des accusés

La seconde raison à l'origine de cette rareté des tripointeurs est purement d'ordre technique. Plusieurs experts estiment que les entraîneurs ne mettent pas assez l'accent sur les tirs. Ils sont plutôt soucieux des stratégies défensives et autres schémas. « Sur une séance d’entraînement, on travaille très peu l’adresse. On passe plus de temps sur la tactique offensive et défensive.De nombreux coaches n'ont pas eu cette culture du jeu. Ils n'ont pas cette sensibilité parce qu'ils ne l'ont pas connue. En plus, plusieurs d'entre eux ont appris sur le tas. Et ce sont les joueurs qui en pâtissent », a expliqué l’ancien entraîneur des Jaune et noir (champion de Côte d’Ivoire 1996-1997). Une posture qui se rapproche de celle d'Ismaël Ndiaye qui déclare que « les coachs encouragent nos jeunes bien évidemment à leur manière, mais certains manquent de pédagogie », a enfoncé l'ancien de Florida International. Stéphane Konaté pour sa part évoque le mauvais choix stratégique des encadreurs du continent. « Depuis des années les africains ont misé sur leurs qualités athlétiques pour jouer au basket. Alors que les européens comblent ce déficit athlétique par l'adresse », a soutenu l'excellent arrière ivoirien. À côté des stratégies qui empêchent les tireurs d'être à l'aise, c'est parfois l'attitude des coachs lors des matchs qui les découragent davantage. « La formation n'est pas en phase avec l'évolution du basket. Quand tu as un enfant qui prend un tir ouvert dès qu'il rate les coachs demandent à ce qu'il ne tire plus », révèle Daouda Camara, le sociétaire du BC Saint-André (NM3 France) qui a fait ses premières gammes au Palais des Sports de Treichville avant de s’envoler pour la France. Un comportement que souligne également Davy Oka Loukou. « En Côte d'Ivoire, les coachs n’aiment pas le jeu basé sur le shoot. Quand tu manques 1 ou 2, la réaction du coach te déstabilise aussitôt », nous a avoué l’ailier fort d’Azur BBC.

La concurrence et le niveau du championnat

La concurrence et le niveau du championnat jouent fortement sur l'éclosion des jeunes tripointeurs. En effet, pour certains le manque d'une vraie concurrence encourage les jeunes à dormir sur leurs deux oreilles. « À notre temps, il y avait beaucoup de joueurs professionnels en Côte d'Ivoire. Il fallait donc cravacher dur pour se faire une place. Je parle des Sénégalais, Centrafricains, Maliens et autres qui venaient participer à notre championnat. La place n'était pas gagnée d'avance. Il fallait la mériter », fait savoir Alpha Mané, l'ex international ivoirien champion d'Afrique. Par ailleurs, le manque d'engouement suscité par la qualité du championnat n'aide pas les acteurs dont les tripointeurs à se surpasser. « Les premiers bons shooteurs rêvent déjà de l'occident. Il y a une baisse d'engouement dans la mesure où notre championnat local peine à rendre le basketball attrayant. Du coup, de nombreux jeunes se mettent à rêver en regardant d'autres championnats cossus. Il faut être réaliste. Tout doit d'abord partir de chez nous. Il faut d'abord rêver de faire partie des meilleurs du championnat national avant de viser plus haut », a conseillé Ismaël Ndiaye qui a disputé 4 Afrobasket et un mondial.

Il coule de source que plusieurs pesanteurs militent en faveur du manque de véritables tripointeurs en Côte d'Ivoire de nos jours. Un diagnostic que la nouvelle direction de la Fédération prend au rebond pour combler ce manque, à travers les formations des encadreurs aux nouvelles méthodes de gestion de leur groupe. Quant à la nouvelle génération de basketteurs ivoiriens, elle devrait se remettre au travail en vue de réécrire leur propre histoire pour remettre de la folie sous le panier.

Lebéni KOFFI

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